Tous les articles par rfphoto

Daxueshan – Septembre 2026

Décidément, encore Daxueshan. Dans cette région, on peut y trouver de nombreux chemins de randonnée dans une nature aussi préservée que possible. Je n’ai pour ainsi dire jamais été déçu en allant à Daxueshan. Heureusement d’ailleurs, car la route pour y aller n’est pas la plus facile.

Dés les premières centaines de mètres, nous avons été accueillis par un longicorne que je n’avais encore jamais vu.

Rosalia formosa ssp. conviva
Rosalia formosa ssp. conviva

À environ 2100 mètres d’altitude nous tutoyons les nuages. Ceux-ci remontent régulièrement le longs des pentes de la montagne et lui confèrent une ambiance fantastique, parfois un peu étrange. J’ai tenté des panoramiques avec plus ou moins de bonheur pour essayer de rendre cet effet. Voici le moins raté.

Je suis donc vite retourné à de la photo conventionnelle. J’ai intégré ma compagne dans certaines d’entre elles afin de mieux rendre compte des dimensions du paysage.

Un peu plus loin, nous avons rencontré un Saro de Taïwan, ou Saro de Formose, qui a bien voulu que je le photographie sans s’enfuir. Il a une bonne bouille, il s’agit vraisemblablement d’un jeune individu.

Capricornis swinhoei
Capricornis swinhoei

Une courte vidéo est disponible sur YouTube : Saro de Taïwan. L’étrange grincement que l’on peut entendre en bruit de fond est le chant d’insectes locaux, probablement des cigales. Leur chant est continu, obstiné, faiblement modulé et lorsque plusieurs d’entre elles chantent ensemble, la superposition des fréquences donne des résultats pour le moins inquiétants. De la même façon, on peut entendre ce chant sur YouTube.

Un grand arbre creux se tient au bord du chemin. Inévitablement, on a envie de prendre une photo de l’intérieur de l’arbre.

D’impressionnantes façades rocheuses montrent leurs textures et couleurs. La deuxième photo ici laisse deviner les forces titanesques qui s’exercent sous la surface.

Sur la photo suivante, la masse rocheuse ressemble à un monstre, une sorte de baudroie, l’œil fixé sur sa proie, qui s’apprête à ouvrir une gueule invisible.

Lorsqu’on agrandit l’œil du monstre le rendu des couleurs est étonnant. Je n’ai ici appliqué aucun filtre particulier lors du traitement de la photo, c’est la brume qui modifie subtilement les couleurs et les détails pour pour rendre l’impression d’un motif peint.

Quelques autres détails captent mon attention.

Retour au chemin dans la brume.

Comment savoir où certains chemins nous mènent ?

Certains rendus sont particulièrement intéressants en noir et blanc.

Et notamment le suivant qui rappelle les dessins traditionnels chinois. C’est toujours étonnant de retrouver dans la réalité un aspect autrefois découvert sur le papier.

Pendant le retour, on a eu plus de soleil. Heureusement, les arbres nous en protégeaient. Cependant, la brume nous a réservé une dernière petite surprise en produisant une ambiance totalement différente.

Nous ferons d’autres randonnées à Daxueshan. La région a très certainement bien d’autres merveilles à nous montrer.

Du côté de Lukang

Lukang (鹿港鎮) est une petite ville qui se situe au sud-ouest de Taichung, près de la côte. Elle est connue pour ses vieux quartiers et leurs ruelles étroites, ainsi que pour son activité religieuse assez soutenue. Il y a pratiquement toujours des processions se rendant vers l’un ou l’autre de ses temples.

J’y ai fait des photos à deux occasions. La première fois, en mai 2024, à peine arrivés, nous sommes tombés sur un défilé de tambours, palanquins, statuettes de dieux ainsi que divers rituels énigmatiques pour moi, mais aussi probablement pour pas mal de jeunes Taïwanais.

Certains participants jouent des personnages, héros mythiques, incarnation ou canal de communication de dieux… Apparemment, ils peuvent se trouver en état de transe. La scène suivante m’a paru assez étrange. Un homme demeure immobile pendant qu’un autre se prépare.

Puis l’homme s’anime enfin avant qu’on lui remette une épée.

Là, il se frappe le dos avec l’arme. Ne me demandez pas pourquoi.

On retrouve les énormes personnages habités qui déambulent par les rues.

Et par hasard, à quelque distance, on tombe sur une longue série de lions. Je me demande ce que donnerait une telle scène de nuit.

Plus tard, nous nous dirigeons vers les ruelles de la vieille ville et en cours de route nous croisons ce chat dans un panier à roulettes. Je ne connais pas cette sélection, il a quelques airs d’extra-terrestre. Les propriétaires ont bien voulu me laisser le photographier.

Puis nous nous engageons dans les ruelles sus-citées.

Avec en marge quelques discrets passages étroits que nous visitons parfois.

Nous retombons sur le chat vu plus tôt, juché sur l’épaule de son maître.

J’intercale ici quelques photos des commerces prises lors de notre deuxième visite en novembre 2025 avec le nouvel appareil-photo.

Retour aux photos de 2024 avec une visite à un autre temple nettement plus calme mais très connu.

Il est toujours un peu étonnant pour un occidental de constater à quel point les Taïwanais fréquentent leurs temples de façon très familière. En France, entrer dans une église est toujours perçu comme un moment à respecter, on est plus calme, on parle à voix basse… Mais ici, non. Un temple est presque un lieu de vie comme un autre. Bien sûr, on n’y fait pas n’importe quoi, mais ça demeure tout de même très libre.

Sur cette partie du temple de la photo précédente, le plafond est magnifiquement travaillé. Il semble que ce soit une particularité très connue et admirée par de nombreux visiteurs.

Nous repartons ensuite à la nuit tombante dans les ruelles pour aller trouver un restaurant. Nous tombons d’abord sur un hôtel à l’architecture originale.

Puis des tableaux plus traditionnels. Sur une de ces photos, se cache un chat. Celui qui le trouve gagnera toute mon estime.

Et encore une procession malgré l’heure tardive.

Nous aurons encore probablement l’occasion de revenir à Lukang. C’est décidément une ville animée et pleine de surprises. Je verrai bien si je parviens à en tirer d’autres photos intéressantes.

Daxueshan – avril 2024

Encore Daxueshan. La région est vaste, avec de nombreux parcours possibles et très différents les uns des autres. Cette fois-ci, nous ne sommes pas allés à la rencontre des garrulaxes. Nous avons emprunté un chemin de randonnée en pleine forêt comportant un point culminant à un peu plus de deux mille mètres.

Les lieux prêtent à la rêverie ; des arbres immenses, bien droits, des sols et des rochers moussus partout, des myriades de détails à voir, l’air plus frais de l’altitude qui nous soulage de la chaleur moite de la plaine.

C’est une de mes plus jolies séries de photos. C’était la première fois que j’utilisais l’objectif 24 mm que je venais juste d’acquérir. Les prises de vue ne sont pas toujours techniquement parfaites, mais elles sont suffisantes pour rendre l’atmosphère des lieux.

Comme la plupart des objectifs grand-angle, celui-ci a un vignettage assez présent. Le vignettage est la différence de luminosité entre le centre et la périphérie de l’image. Le centre est plus clair que le reste de l’image, les coins surtout sont plus sombres. C’est un défaut normal présent sur la plupart des objectifs à courte focale, même de grande qualité.

Au moment de traiter les photos, il est facile de corriger le vignettage en éclaircissant les coins de l’image, ça peut même se faire automatiquement. A contrario, le vignettage peut être utilisé pour divers rendus, pour vieillir une photo, comme si elle avait été prise un siècle plus tôt quand les objectifs n’étaient pas aussi performants que ceux d’aujourd’hui ; ou tout simplement pour concentrer l’attention du spectateur sur le sujet au centre de l’image.

Quand j’ai vu les photos avec cet effet, j’ai trouvé ce rendu particulièrement approprié à l’atmosphère un peu féerique de la forêt. Donc, au lieu de corriger, je l’ai au contraire augmenté. J’en ai usé et abusé.

Les photos qui suivent ne seront pas commentées. Je n’ai pas cherché à savoir quelle espèce de plante ou de champignon je prenais en photo. J’ai surtout recherché une ambiance. Il faut donc juste regarder et essayer de ressentir…