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Chercher l’inspiration à Kobe

Quand je dis chercher, ça signifie que je n’ai pas trouvé. En 2025, nous somme allés user nos semelles à Kobe. Pour une raison que j’ignore, j’ai eu beaucoup de mal à trouver de bons sujets à photographier. Il faut dire que Kobe est une ville typiquement moderne, contrairement à Kyoto par exemple, et la nature n’y est pas aussi omniprésente qu’à Amanohashidate. Il faut croire que ça a suffit à me désarçonner.

L’hôtel était original car son architecture rappelait la forme d’un navire. Normal pour un bâtiment sis sur le port. Il est facile d’en trouver les photos générales sur internet en cliquant .

L’espace intérieur était vaste. Le bâtiment étant très grand dans toutes ses dimensions, les chambres se trouvent en périphérie et libèrent le centre. La photo suivante est prise depuis l’un des deux ascenseurs.

Voici un plan général de la façade intérieure à droite. L’ascenseur est visible sur le côté droit.

Et si on recoupe dans cette photo, on obtient quelque chose d’un peu abstrait.

Attente de la navette mise à disposition par l’hôtel pour se rendre en ville.

Visite du quartier de style occidental de Kobe. Cette maison est certainement la plus remarquable.

Mais quelques dizaines de mètres plus loin, on peut tomber sur l’accès à un petit temple local.

Sur place, une collection de petits renards. Ils ont clairement tous été peints par la même main. Ils ne sont pas tous identiques, bien sûr, mais leur expression est très régulière. On reconnaît là le perfectionnisme japonais.

Sur l’une des maisons du quartier occidental, on peut voir ceci :

Si les inscriptions sont japonaises, le style n’est définitivement pas local.

Il est fréquent de trouver dans diverses villes un peu partout dans le monde des plaques d’égouts ou des trappes d’accès portant les armoiries de la ville ou autres symboles. Ici, on en trouve régulièrement, et en couleurs.

Nous sommes montés sur les hauteur de Kobe en téléphérique.

Nous redescendons ensuite une bonne partie de la colline en traversant un immense parc. Ça a été l’occasion de prendre en photo quelques bestioles et autres plantes.

Passage obligé à Kobe : le château de Himeji dont la blancheur fait oublier le but guerrier de sa construction. Dans ces constructions traditionnelles, on ressent souvent cet effet d’amoncellement de toits et de structures complexes qui paraissent entassés les uns sur les autres de façon apparemment désordonnée. C’est parfois difficile à rendre en photo, mais ici, c’est un effet assez visible.

L’intérieur est nettement plus sombre par endroit.

Le château étant un haut-lieu touristique, il y avait pas mal de monde, mais nous avons réussi à trouver dans le parc un endroit tranquille pour faire une pause après la visite.

Visite d’Arima Onsen, une petite et très ancienne station thermale au nord de Kobe. Vu au hasard des rues :

Et voici une source chaude alimentant un établissement de bains. Je crois que c’est la seule photo que j’aime vraiment de toutes celles que j’aie pu prendre au cours de ce voyage. L’ambiance a quelque chose d’infernal entre la légère odeur de souffre que l’on peut sentir sur place et l’aspect étrangement industriel de l’installation.

J’aurais aimé faire mieux durant ce voyage au cours duquel nous avons pourtant eu de bons moments, mais côté photos ça n’a pas vraiment marché cette fois-ci.

Entre Taroko et Hualien

En 2021 nous avons traversé les gorges de Taroko en voiture jusqu’à un hôtel à Hualien, situé sur la côte est de Taïwan. Ce fut un séjour contrasté entre les aplombs vertigineux du parc national de Taroko en journée et les rivages de Hualien le soir et le matin. Deux paysages radicalement différents à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau l’un de l’autre.

Avant d’arriver à Hualien, nous avons fait une halte à Tianxian.

Nous y avons rencontré quelques macaques. La rougeur de leur face n’est pas exagérée, elle est effectivement plus prononcée que la couleur des macaques qu’on peut rencontrer du côté de Mingjian.

Pour commencer, quelques vues au bord de l’océan Pacifique. Ici, comme sur les photos des gorges qui suivront, j’ai travaillé les couleurs différemment de ce que je fais d’habitude, pour des raisons différentes dans ces deux cas. Ici, ces photos du bord de mer sont finalement d’une affligeante banalité. Aussi, je me suis permis de pousser un peu les couleurs pour leur donner un peu de force.

Une simple vue depuis l’hôtel. On remarquera le petit groupe de cinq chiens errants qui viennent de la gauche en longeant le bord de la plage à la limite des vagues qui s’oppose au groupe de cinq touristes à droite, plus un chien seul qui observe la scène, près de l’engin de chantier.

Un peu plus loin, un ciel menaçant, à moins qu’il ne soit torturé…

Nous nous sommes levés très tôt, vers cinq ou six heures du matin pour voir le soleil se lever sur l’océan.

Chaque matin nous nous engagions sur les étroites et dangereuses routes de Taroko. Outre la circulation parfois difficile, surtout en croisant les cars de touristes qui n’avaient visiblement pas l’habitude de ralentir, il fallait veiller à ce que des pierres plus ou moins grosses ne traînent pas sur l’asphalte. Les éboulements sont fréquents dans ces montagnes.

Au sujet du travail des couleurs que j’évoquais plus tôt, j’utiliserai cette première photo des gorges de Taroko pour illustrer la question. Donc, si j’ai un peu forcé les couleurs pour les photos de plage et de lever de soleil, c’était pour donner un peu d’énergie à des photos plutôt banales, comme je le disais plus haut. Ici, c’est différent. Lorsqu’on voit ces aplombs rocheux, leurs nuances bleutées sautent aux yeux. La couleur de l’eau s’en ressent et oscille entre le vert et le bleu. C’est très beau, mais sur une photo brute non traitée, ça ne se voit pas du tout :

Ici, l’original est gris, et je dois dire que ça m’a mis en grande difficulté. J’ai accolé ici les deux versions originale et non traitée pour comparer plus facilement :

Ce rendu grisâtre de la photo brute est normal. La prise de vue sur place avec un appareil-photo est seulement une prise d’informations, une mesure point par point des quantités de lumière reçues. Cette mesure n’a que peu de rapport avec ce que perçoit notre œil et encore moins avec la façon dont notre cerveau interprète les informations ainsi perçues.

Si je n’ai pas mis ces photos en ligne plus tôt, c’est en grande partie parce que je savais pas comment les traiter pour en faire ressortir les couleurs telles que je les avais vues. Ce n’est qu’assez récemment que j’ai su comment faire.

Cela dit, on pourrait me reprocher un traitement trop lourd, trop coloré. Il est possible que ce ne soit pas tout à fait fidèle à la réalité. Seulement voilà, éternelles questions en photographie : Qu’est-ce que la réalité ? Où s’arrête le développement et où commence le traitement fantaisiste ? Triche-t-on vraiment quand on exagère certains traitements comme le contraste, la saturation, etc ? Et en fin de compte, quel est le but d’une photo ?

Je ne vais évidemment pas disserter sur la question, mais la règle d’or en photographie sur laquelle beaucoup s’accordent est la suivante : il n’y a pas de règles. Le but d’une photographie est avant tout de transmettre quelque chose de la vision du photographe, qu’importe les moyens. Que ce soit une émotion, un sentiment, un message, un témoignage, tout est possible tant que cela sert le propos.

Ici, mon problème est de transmettre ce que je pense avoir vu quand j’y étais. Est-ce fidèle ? Probablement pas, mais qu’est-ce que la réalité vraie ? Celle des couleurs à six heures du matin ? à midi ? le soir ? quand il fait beau ? quand il pleut ? Notre perception du lieu change constamment et il n’y a pas de perception de référence à proprement parler, excepté pour les scientifiques qui analysent tout, mais ce n’est pas ici notre but.

D’autre part, regarder une photo d’un lieu et y être n’ont pas grand-chose à voir. Si je veux que les personnes qui regarderont ces photos aient une perception vaguement équivalente à la mienne, il va falloir en faire un petit peu plus pour compenser le petit format d’une image sans rapport avec la grandeur et la lumière des lieux.

Donc voilà : certaines gorges de Taroko sont bleues, pas entièrement, bien sûr, mais de nombreuses masses rocheuses présentent cette couleur magnifique ; et je me suis senti en devoir de rendre cette impression.

Et bien sûr, la tentation est forte de ne voir que des textures dans la roche.

Nous avons aussi fait un petit détour pour emprunter le pont suspendu de Buluowan.

Au moment où j’écris ces lignes, en juillet 2026, de nombreuses excursions et visites dans le parc national de Taroko sont fermées. Depuis environ un an, des tremblements de terre et des pluies violentes ont rendu la région dangereuse. Il y certainement beaucoup de travail pour remettre les routes en états et sécuriser les lieux. Nous avons de la chance d’avoir pu y aller quand c’était possible.

Les statuettes du Ryôzen Kannon

Pendant notre séjour à Kyoto en 2018, nous avions visité le temple Ryôzen Kannon. La grande statue qui surplombe le bâtiment est creuse et abrite une série de statuettes dans la pénombre. Comme je disposais d’un appareil-photo et d’un objectif qui me permettaient de me débrouiller en basse lumière, j’en ai profité pour les photographier toutes.

Je ne connais malheureusement pas les diverses significations recouvertes par chacune de ces statuettes, mais c’était une ambiance particulière. Être face à ces figures énigmatiques, parfois grimaçantes, dans l’ombre a été pour moi un moment étrange.

Sur les photos, l’exposition a été un peu relevée pour rendre leur visionnage confortable, mais en réalité, c’était plus sombre encore et il a fallu un moment pour que les yeux s’adaptent à la basse lumière.